Rémi Trotèreau
C’est à Layrisse que je tombai dans le chaudron : terre et feu pour opérer enfin la mue.
Je faisais corps avec la terre, la poussière, la mémoire. Je phagocytais l’espace, j’utilisais sur mes toiles la terre sur laquelle je marchais, je grattais les murs.
Je suis dans la grange et la chose qu’on dit sale – boue, paille, poussière- je lui rend hommage – toile et sculptures- je laisse une pincée de cette mémoire, je fais une greffe, je donne une relique de ma chapelle. J’ exhume un passé en le réinventant.
J’ai toujours utilisé le feu. Les volutes lèchent, caressent, enveloppent le bois et la terre. Elles déposent des cendres cassent des arêtes. Elles atteignent bois au cœur. C’est l’érosion la plus juste.
Complice du feu, tel un volcan, je suis à éjecter laves, cendres et pépites. Mais à exhumer en permanence un cimetière avant l’heure- jeux interdits ?- le chaudron à explosé.
Le plaisir est dans la palpitation pour qui préfère l’ombre à la proie. Funambule toujours, je marche pour ne pas tomber. Mais qui donc tire les ficelles ?


